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Narges Mohammadi, une vie de combats et de prison pour les libertés en Iran
information fournie par AFP 11/05/2026 à 13:57

Photo non datée de la militante iranienne Narges Mohammadi diffusée le 2 octobre 2023 par la Fondation Narges Mohammadi ( NARGES MOHAMMADI FOUNDATION / - )

Photo non datée de la militante iranienne Narges Mohammadi diffusée le 2 octobre 2023 par la Fondation Narges Mohammadi ( NARGES MOHAMMADI FOUNDATION / - )

La Nobel de la paix Narges Mohammadi, libérée sous caution pour être soignée à Téhéran, défend depuis plus de deux décennies les droits humains en Iran, au prix d'années de prison qui ont fragilisé sa santé et d'une séparation déchirante avec sa famille.

"Je ne laisserai pas l'emprisonnement me faire taire. Jamais", clamait fin 2024 la militante aujourd'hui âgée de 54 ans, lors d'une visioconférence avec le comité Nobel à la faveur d'une brève libération pour raison de santé déjà à l'époque.

"L'engagement en faveur des droits des femmes, des droits humains et de la liberté ne peut être entravé par aucun mur de prison", assurait celle qui se bat contre le port obligatoire du voile ou la peine de mort dans la République islamique.

Un an plus tôt, c'est durant une énième période de détention - et alors que le mouvement "Femme, Vie, Liberté" secouait l'Iran - que le prix Nobel de la paix lui avait été décerné "pour son combat contre l'oppression des femmes en Iran et pour sa lutte en faveur des droits de l'homme et de la liberté pour tous".

Kiana et Ali Rahmani récupèrent le prix Nobel de la paix de leur mère Narges Mohammadi, le 10 décembre 2023 à Oslo ( NTB / Javad Parsa )

Kiana et Ali Rahmani récupèrent le prix Nobel de la paix de leur mère Narges Mohammadi, le 10 décembre 2023 à Oslo ( NTB / Javad Parsa )

Ses enfants, les jumeaux Ali et Kiana alors âgés de 17 ans, et son mari Taghi Ramani, qui vivent en France depuis plus de dix ans, s'étaient rendus à Oslo pour recevoir ce prestigieux prix.

Sur scène trônait une photo de son visage souriant encadré par ses boucles noires, devenu emblème de la contestation contre le pouvoir religieux instauré par la révolution islamique de 1979.

- "Souffrance indescriptible" -

"Elle est la personne la plus déterminée que je connaisse", confiait il y a quelques années son mari à l'AFP, Taghi Rahmani.

Le journaliste iranien Taghi Rahmani, époux de Narges Mohammadi, chez lui à Paris en décembre 2023. ( AFP / Geoffroy Van der Hasselt )

Le journaliste iranien Taghi Rahmani, époux de Narges Mohammadi, chez lui à Paris en décembre 2023. ( AFP / Geoffroy Van der Hasselt )

Née en 1972 à Zanjan, dans le nord-ouest de l'Iran, Narges Mohammadi a fait des études en physique avant de devenir ingénieure. Elle s'est lancée parallèlement dans le journalisme.

Dans les années 2000, elle rejoint le Centre des défenseurs des droits de l'Homme, fondé par l'avocate Shirin Ebadi, elle-même prix Nobel de la paix en 2003.

Elle a trois combats: "le respect des droits humains, son engagement féministe, et la justice pour tous les crimes qui ont été commis", résumait son mari.

Pour les mener, elle a sacrifié sa vie de famille. Elle n'a plus vu ses enfants depuis 2015 et n'a pu partager qu'une poignée d'années de vie commune avec son époux.

Selon son équipe juridique, elle a passé plus de 10 ans de sa vie en prison et doit encore en purger 18 pour diverses accusations d'atteinte à la sécurité nationale.

"Ma souffrance la plus insupportable et indescriptible est le désir ardent d'être avec mes enfants, que j'ai quittés lorsqu'ils avaient huit ans", confiait-elle dans un entretien écrit avec l'AFP en septembre 2023.

Narges Mohammadi à Téhéran, en septembre 2001. ( AFP / Behrouz MEHRI )

Narges Mohammadi à Téhéran, en septembre 2001. ( AFP / Behrouz MEHRI )

"Nous devons continuer à lutter et à nous sacrifier" tant que la liberté et la démocratie ne seront pas une réalité en Iran, affirmait-elle également.

- "Méconnaissable" -

Le pouvoir et les médias progouvernementaux donnent peu de visibilité à cette figure connue à l'étranger. Lors de sa dernière arrestation en décembre, l'agence de presse Fars l'a décrite comme "agissant contre la sécurité nationale" et l'a accusée d'être à l'origine d'actes de "sédition".

Dans un livre intitulé "White torture" ("Torture blanche"), elle dénonçait les conditions de détention des prisonnières, particulièrement leur mise à l'isolement, sévices dont elle disait avoir été elle-même victime.

Même derrière les barreaux, elle a organisé des sit-in en soutien au mouvement "Femmes, vie, liberté" en 2022-23, mené des grèves de la faim.

Ces arrestations, parfois violentes, et ces périodes de détention ont affecté sa santé. Ces dernières semaines, ses soutiens ne cessent d'alerter sur son état qui se dégrade.

Depuis sa dernière arrestation, elle a subi deux crises cardiaques présumées en prison, le 24 mars puis le 1er mai. Elle a perdu 20 kg, a des difficultés à s'exprimer et est devenue "méconnaissable", affirmait le 5 mai son avocate française, Chirinne Ardakani.

"Ma mère a payé un lourd tribut. Elle a travaillé sans relâche et a été longtemps éloignée de nous. Mais lorsqu'elle était avec Kiana et moi, elle était une mère merveilleuse", affirmait son fils Ali dans un message lu à cette occasion. "Si j'avais la chance de parler à ma mère, je lui dirais la même chose qu'avant: +Ma chère maman, sache que tu n'es pas seule. Le peuple iranien est uni+."

1 commentaire

  • 14:04

    Et que font les féministes et les g..au,chi-tes


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